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L'art pour l'art

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L'artiste peintre Ahmed Amrani termine l'année 2011 en beauté. Deux expositions lui sont consacrées à Rabat, respectivement à Bab

L'artiste peintre Ahmed Amrani termine l'année 2011 en beauté. Deux expositions lui sont consacrées à Rabat, respectivement à Bab Rouah, du 16 décembre au 5 janvier 2012 et à l'Institut Cervantès, du 21 décembre au 3 février 2012. Après une éclipse de deux années, Ahmed Amrani revient sur la scène plastique avec une double exposition. Celle de Bab Rouah où l'artiste expose sur un grand panneau plus d'un demi-siècle de son 'uvre (1957-2011), qui met en relief toutes les étapes de son évolution pour aboutir à un style qui lui est propre. Des travaux qui dénotent une force d'expression très attachante, empreinte d'une sensibilité que seule un grand peintre peut saisir. «En plus du panneau qui reflète le processus d'évolution de ma carrière plastique, j'expose une quarantaine de nouvelles créativités dans de grands formats où j'utilise d'autres matières comme, par exemple, l'acrylique sur toile et sur bois. Je suis passé, tout au long de mon parcours, par plusieurs étapes. Mais, il faut dire que chacune appelle l'autre. Il n'y a pas de cassure. Je me suis essayé à plusieurs matières et techniques, notamment la céramique, la lithographie, le dessin et je suis toujours ouvert à d'autres explorations dans l'univers plastique», précise l'artiste Amrani.Quant à sa seconde exposition, accrochée à l'Institut Cervantès, elle nous fait découvrir, pour la première fois, des créations réalisées à Ifitry (résidence d'artistes qui jouxte le Centre d'Art Contemporain d'Essaouira). Intitulée «La peinture et moi», cette prestation se lance dans un langage propre à l'expressionnisme abstrait à travers lequel Ahmed Amrani traduit la réalité à la fois externe et interne. «La résidence d'artistes à Essaouira était pour moi une riche expérience où j'ai travaillé avec l'aquarelle sur papier. J'ai fait aussi des gravures. J'en suis sorti avec une nouvelle inspiration qui s'ajoute à mon parcours», explique-t-il. Avec cette rencontre, Ahmed Amrani n'est pas à sa première expérience. Car, il a toujours transmis, au cours de sa longue carrière, différents genres plastiques et chemins de créativité. «Son monde riche est plein de tonalités subtiles. Sa tendance à l'abstraction est très personnelle, et se dirige vers des figures à peine ébauchées. Des figures qui, moyennant une simplification apparente et formelle, ne renoncent pas à la force d'un trait qui parvient à nous transmettre un de ses thèmes récurrents. Il est ici question du monde des émotions et de l'affect».Ce peintre avant-gardiste estime que la création artistique est une chose sacrée qui transporte les visions et les sentiments de l'artiste vers les autres. «Pour moi, l'art n'est ni un jeu ni une distraction inutile. Il est plutôt une énergie créatrice qui surgit de l'inconscient et qui se traduit en un travail et en une résolution de l'artiste», souligne Ahmed Amrani.Primé à plusieurs reprises au Maroc et à l'étranger, continue de nous subjuguer avec ses créativité dans différents thèmes et genres plastiques. Ses expositions se font rares, mais son art reste foisonnant. «Je n'expose pas beaucoup, parce que je considère que l'art est fait d'abord pour communiquer avec les gens et non pour être vendu comme un produit commercial. J'ai toujours pratiqué l'art pour l'art et compte continuer dans cette voie».

Parcours de l'artiste

Natif de Tétouan en 1942, Ahmed Amrani est diplômé de l'École des Beaux-Arts de sa ville natale. Il a fait des études d'arts graphiques à Madrid et a poursuivi des cours à l'École supérieure des Beaux-Arts à Séville.Remportant le Prix Grand Atlas-Maroc en 1997, A. Amrani est l'un des rares artistes élevés au rang de Chevaliers des arts et des lettres par le ministère de la Culture français. Il a réussi à opérer le passage périlleux de la calligraphie à la peinture figurative dans ses formes les plus maîtrisées. Formé en Espagne, l'uvre de l'artiste Amrani porte en elle les traces de l'esthétique hiique dans ce qu'elle a de singulier et de grandiose. Marqué par les gravures de Goya «Les Désastres de la guerre et Les Caprices», Amrani sait conférer à ses figures une dimension tragique.

Source: LE Matin

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