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Des visages et des facettes

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Le Sous-Sol Art Gallery à Agadir accroche «L'effigie à double visage» de l'artiste peintre Abdelkarim El Azhar. L'exposition se po

Le Sous-Sol Art Gallery à Agadir accroche «L'effigie à double visage» de l'artiste peintre Abdelkarim El Azhar. L'exposition se poursuivra jusqu'au 24 novembre. Rien que des visages qui nous donnent l'impression d'être semblables. Mais, en fait, ils ne le sont pas grâce aux détails que l'artiste s'évertue à rajouter sur ses différentes toiles pour nous donner ses impressions tant humanistes que physionomiques. «El Azhar se passionne pour les visages, objets de ses recherches inépuisables. Des visages qui se ressemblent sans pour autant être identiques, transcriptions des expressions psychologiques, de toutes les passions humaines et des bouleversements physionomiques. Des visages qui expriment aussi le silence, l'illumination ou l'ombre de la mort», souligne le critique d'art Alicia Celerier.Sa formation en gravure est aussi pour quelque chose dans les stigmates qu'il laisse dans sa peinture. «Pour preuve, ce tracé de la marge, ce minimalisme des formes et des couleurs, puis ces effets de délavé, de vieilli qui rappellent les techniques d'estampes et d'imprimés. La peinture d'El Azhar est tout en transparence, faite d'esquisses nerveuses et fermes, de formes aux touches tachetées de couleurs», ajoute-t-elle. Mais cela n'a pas empêché la carrière plastique d'El Azhar de traverser plusieurs étapes pour arriver jusqu'au visage humain transmettant son regard et ses appréciations sur la vie. «Ma démarche artistique a connu différentes évolutions. On peut la résumer en diverses phases. Dans un premier temps, j'ai exploré toutes les facettes de l'Homme en tant que corps. La couleur dominante était alors le noir, à tel point que certains critiques m'ont collé l'étiquette de peintre pessimiste. Mais ce n'était là qu'une phase dans mon parcours. La couleur n'a d'ailleurs jamais été absente. La seconde période m'a amené à travailler sur les chiffres et les symboles dans une confrontation entre le passé, le présent et l'avenir. Après, je me suis intéressé à l'être humain qui était enfermé dans des cases répétitives. Il est devenu, par la suite, ces figures qui scrutent le monde avec des regards intenses et qui, à leur tour, ont cédé la place à cet être, à ces pupilles rondes et dilatées», explique Abdelkarim El Azhar.La sensibilité de l'artiste et sa vision de la société marocaine sont reflétées intensément dans ces figures où la matière joue un rôle prépondérant pour transmettre ses messages et attirer l'attention du public.Son séjour de quelques années à Casablanca a enrichi sa peinture et lui a permis de pousser plus loin son exploration des sujets humains, à travers l'étude de leurs conditions de vie, expérience qui l'a mené dans le monde de la souffrance et de la précarité. Sa réflexion picturale s'en est appropriée pour ses futures prestations. La société est devenue sa seule préoccupation, qui l'envoûte et le dirige dans ses créations. Le vécu de l'homme, son sujet favori, apparaît de manière obsessionnelle dans ses tableaux. À travers les visages, l'artiste El Azhar retranscrit une foule de sentiments et d'émotions saisis sur le vif. Une 'uvre très sensible qui appelle à la contemplation et à la réflexion.

Parcours

Natif d'Azemmour où il vit et travaille, Abdelkarim El Azhar est diplômé de l'École des beaux-arts de Tétouan (1976-1979) et des Académies des beaux-arts de Bruxelles (1979-1981) et de Liège (1981-1982). Tout en exerçant sa profession de professeur d'éducation artistique au CFI d'El Jadida, Abdelkarim El Azhar participe à différentes expositions collectives et d'autres individuelles tant au Maroc qu'à l'étranger. La renommée de sa peinture a valu à ses toiles de figurer dans des collections de grandes institutions publiques et privées, notamment la Banque de Liège, la Fondation de la Banque commerciale, la Fondation Wafabank et le ministère de la Culture (Maroc), puis la Fondation ONA.

Source: LE Matin

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