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Les paravents se déploient

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Les villes de Meknès, Casablanca et Rabat ont abrité la première exposition, en Afrique et dans le monde arabe, d'une collection d

Les villes de Meknès, Casablanca et Rabat ont abrité la première exposition, en Afrique et dans le monde arabe, d'une collection de paravents contemporains. Elle est signée Daniel Couturier. Contrairement aux autres formes de l'expression artistique, transformer un objet utilitaire en une 'uvre d'art ne relève pas uniquement de la créativité, c'est aussi une entreprise magique. La première exposition, en Afrique et dans le monde arabe, de la collection de paravents contemporains, Daniel Couturier en est la parfaite illustration. Cette grande manifestation artistique organisée tout au long du mois de décembre dans les villes de Meknès, Casablanca et Rabat, a offert au public l'occasion de découvrir un art décoratif hors du commun. Organisée par le Syndicat marocain des arts plastiques en partenariat avec le ministère de la Culture, cette exposition itinérante est constituée de paravents collectionnés par Daniel Couturier, ainsi que de ceux réalisés par des artistes marocains. Le commissaire de l'exposition, l'artiste-peintre Afif Bennani, a tenu à souligner que cet événement artistique, d'un caractère purement culturel, a une fois encore montré l'ouverture, la tolérance et les capacités de coexistence ancrées dans l'Histoire du Maroc Terre d'accueil, de paix et de culture universelle. Il n'a pas aussi manqué de préciser, dans son mot de circonstance, qu'il était honoré par la présence d'une mosaïque de nationalités représentées à travers les créations diverses de grands artistes auxquels il rend hommage, précise-t-il Et fier, parce que l'occasion était également le catalyseur, «l'Eureka», pour une quinzaine d'artistes marocains pour se lancer dans cette nouvelle aventure afin de présenter des 'uvres aussi belles les unes que les autres. À eux aussi il n'a pas manqué de faire une révérence. L'un des paravents ayant attiré l'attention des visiteurs est celui du grand plasticien Abdellah Yacoubi. Son 'uvre qui porte le titre «le Printemps arabe, la Parabole» est d'une grande intensité et fait ressortir l'inquiétude de l'Homme ainsi que le sentiment de l'infini. Il dit, d'ailleurs, à propos de cette 'uvre «c'est l'image de l'Homme quand il se réveille, qui combat pour sa dignité, alors il se déchaine au sens propre du terme et jette par-dessus bord tous les symboles de protection ou de sécurité imposée». À noter aussi que le paravent du créateur Abdellah Yacoubi a été sélectionné pour faire partie de l'émission de quatre timbres de Poste Maroc (Barid Al Maghrib) en 2011, en plus de ceux de Mica Tica (Serbie), Paula Cardoso (Argentine) et Yukako Fukuda Ota (Japon).Le paravent de l'artiste marocaine Aicha Detsouli ne manque pas d'intérêt. Il est d'une grande originalité. Pour les matières utilisées, on constate le recours à plusieurs variétés de «sfifas» (rubans de dentelle) confectionnées par des artisans des deux sexes, ainsi que des «akads» (boutons traditionnels) de différentes tailles, couleurs et formes, réalisées à la main et à l'aiguille par des femmes travaillant dans une grande discrétion loin des grandes villes. Cette créatrice, gardienne de l'héritage ancestral a également utilisé des «Mankoucha» (plaques de cuivre ciselées) ainsi que des «khmissa» arabes et berbères. L'inspiration découle, souligne-t-elle, de sa proximité de ce monde de l'artisanat qu'elle a découvert depuis 1990 lui permettant de s'adonner à la pratique de la couture traditionnelle, ce qui lui a procuré le plaisir de créer différents modèles et d'organiser de nombreux défilés. Tout ceci lui a permis de se rendre compte de la valeur du travail des artisans marocains et la valeur du patrimoine vestimentaire ancestral. «Le choix de ce thème pour le travail de mon paravent, émane de mon désir de faire connaître, à différents niveaux et à différents publics, la richesse et la beauté de ce patrimoine. Mon message, aussi bien au niveau national qu'international, est de valoriser le travail des artisans marocains et éveiller l'intérêt de tous envers ces gardiens de nos traditions et de notre culture» affirme Aicha Detsouli en guise de conclusion.

Une idée de génie

Daniel Couturier a eu une idée géniale. Celle de faire une exposition avec un objet qui sert ! Le paravent lui est venu naturellement à l'esprit. Pendant plusieurs années, il a rassemblé une collection impressionnante de paravents décorés par des artistes du monde entier. Il a écrit un livre sur le sujet. «Autrefois utilitaire, le paravent est devenu au fil des siècles, un objet d'art à part entière. Une quarantaine d'artistes contemporains ont utilisé ce support pour réaliser de magnifiques 'uvres d'art, sachant que le paravent est un meuble et non une toile coupée en 2, 3, un autre débouché pour les artistes» précise Daniel Couturier qui note la différence de conception entre Orient et Occident. Le sens de l'écriture étant opposé, le sens de la lecture l'est aussi.

Source: LE Matin

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