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Abdeljebar Louzir : Beaucoup de théâtre, peu de cinéma

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Abdeljebar Louzir : Beaucoup de théâtre, peu de cinéma  Abdeljebar Louzir n’a pas eu la place qu’il mérite au cinéma m

Abdeljebar Louzir : Beaucoup de théâtre, peu de cinéma  Abdeljebar Louzir n’a pas eu la place qu’il mérite au cinéma marocain. Autrement dit, très peu de cinéastes marocains ont pensé à lui confier des rôles à la mesure de son talent, de ses capacités, de sa popularité. Il n’est pas le seul dans son cas, car il existe bien des comédiens, doués depuis leur prime jeunesse, qui ont fait leur preuve au théâtre, parfois même à la télévision, mais que le cinéma a indifféremment négligés. Abdeljebar Louzir fait partie de ceux là.
Ìl est né en 1932 à Marrakech (78 ans). Il ne fréquenta que très peu l’école découvrant qu’il a un penchant pour le théâtre et le jeu en général. En 1947, à l’âge de 15 ans, il est déjà membre de la troupe « Al Atlas », dan sa ville natale, dirigée alors par Moulay Abdelouahed Alaoui. Cette troupe, qui groupait un certain nombre de jeunes rebelles, était observée de très près par l’occupant français voyant d’un très mauvais œil les réalisations de la troupe visant à sensibiliser le public de théâtre, et par lui la population, aux méfaits de la colonisation, en élaborant un discours patriotique en parfaite adéquation avec celui du Mouvement National. A plusieurs reprises, les membres de cette troupe furent arrêtés et conduits en prison sous l’inculpation d’incitation à la rébellion, à la révolte, à la violence… et parmi eux, Abdeljebar Louzir. Désormais considéré par les autorités coloniales comme un élément dangereux, Louzir est surveillé de prêt, arrêté et condamné même à mort dans deux procès. Libéré pour dégradation de santé, il retrouve solennellement le chemin des planches en exerçant dans le théâtre avec la même ferveur et comme si rien n’était.
Les condamnations ne vont nullement décourager Abdeljebar Louzir à militer pour l’indépendance du pays. Il intègre les premières cellules liées au « Parti de l’Istiqlal » et participa courageusement à des opérations de commando où il risquait chaque fois sa vie. En 1953, avec l’exil du Sultan Mohammed V, il multiplie les attaques et les embuscades. Cette situation va perdurer jusqu’en 1956, avec l’acquisition de l’indépendance.
En 1956, Abdeljebar Louzir est sans métier défini. Le théâtre, encore balbutiant et épars, ne peut le faire vivre. On le nomme « Mokhazni » en reconnaissance aux différents services qu’il a rendus à la nation. Autrefois, il semait le désordre. Maintenant, il doit veiller à son maintien. Mais cela ne va pas l’éloigner de sa passion de toujours : le théâtre, qu’il exerce en amateur. Un mokhazni-comédien, ce n’est pas très fréquent dans le milieu et surtout, cela vaut le déplacement. Désormais, la résistance fait partie du passé. Ses compagnons de route, aussi bien à Casablanca qu’à Marrakech, ont connu des destins divers, tels que le résistant Mohamed Brahim Labsir qui l’encouragea à rejoindre la résistance en 1953, où le célèbre Homane Fetouaki, dont une rue de Casablanca porte honorablement son nom. Louzir ne pense qu’au théâtre au lendemain de l’indépendance surtout après être couronné du premier prix pour la pièce « Fatmi et Daouia », montée par la troupe « Al Atlas » en1957. Une année après, il crée sa propre troupe comprenant des comédiens plus ou moins célèbres notamment Mehdi Azadi, Kabour Rguigue , M’hamed Zine, Ahmed Chhaîma. Quelques années après, d’autres acteurs vont rejoindre la troupe dont le plus célèbre est Mohamed Belkas. Parmi les productions de cette troupe : « Al Harraz », « Sidi Kadour Alam ».
Mais c’est avec Mohamed Belkas que Abdeljebar Louzir va sentir le plus d’affinités. Ils vont découvrir leur goût pour l’humour et la comédie. Ils montent ensemble un duo devenu vite célèbre et familier auprès du grand public. Le duo se reproduit partout, jour et nuit, en espace clos et en plein air, été et hiver, au Maroc et à l’étranger. Il est sollicité de partout et prenant en compte cette popularité enregistre ses premiers disques 45 tours de sketches. Le succès continue et dépasse même les attentes. Ils sont les premiers à rejoindre la télévision marocaine à son lancement en1962 où ils côtoient les autres artistes comiques tels que Ahmed Kadmiri et sa troupe.
Avec Mohamed Belkas, Abdeljebar Louzir fait partie de la distribution dans le film « Quand Murissent les dattes » (1968) premier long métrage marocain en couleurs, réalisé par Larbi Bennani et Abdelaziz Ramdani. Deux ans plus tard, on retrouve Louzir dans « Al Boraq » d’Abdelmajid Rechiche. Il a une présence symbolique dans « Le coiffeur du quartier des pauvres » (1982) de Mohamed Reggab. Et l’on ne peut que se réjouir que le jeune cinéaste Hicham Hayat lui consacra un vibrant hommage, en son et en image, dans son court métrage : « Il neige à Marrakech » (2007), cette ville à laquelle Louzir s’est consacré corps et âme.
23/4/2010

Source: Lopinion

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