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Le Forum de Rabat ou comment réinventer la solidarité

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La pléiade des participants qui seront présents nous en dit long sur l'ambition de cette rencontre internationale.

La pléiade des participants qui seront présents nous en dit long sur l'ambition de cette rencontre internationale. L'ouverture ce mercredi du «Forum de Rabat», sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, constitue à coup sûr un événement d'une grande signification. Alors que le continent africain, ses hommes et ses femmes, ses richesses naturelles aussi semblent avoir fait les frais d'un abandon quasi méthodique, voilà que la 1re édition du Forum de Rabat propose de leur consacrer ses travaux. La pléiade des participants qui seront présents nous en dit long sur l'ambition de cette rencontre internationale où se croiseront les interventions d'experts internationaux en développement, des membres de gouvernements venus d'Afrique notamment, des banquiers, des chefs d'entreprise, des diplomates, la presse nationale et internationale et plusieurs chercheurs triés sur le volet. C'est peu dire qu'il s'agit d'un événement exceptionnel, car le thème choisi, les intervenants sollicités, les problématiques proposées participent, outre d'une réflexion partagée, d'un souci de rendre ses lustres à l'Afrique qui, certainement aujourd'hui encore, expriment une vision humanitaire et un patrimoine incontournable. Que le Royaume du Maroc abrite ainsi cette manifestation, témoigne de son souci d'enracinement dans le continent et ses profondeurs. C'est feu S.M. Hassan II qui écrivait que « le Maroc est comme un arbre dont les racines plongent en Afrique et les feuillages en Europe » ! A-t-on suffisamment pris en compte la dimension politique et anthropologique d'une telle citation ' A présent, elle éclaire le cycle de retrouvailles multidimensionnelles que le Maroc propose, elle ouvre la voie à une réflexion audacieuse. Le Forum de Rabat ne serait qu'une rencontre formelle s'il n'inscrivait pas une dimension à la fois institutionnelle et pragmatique à ses travaux. Rarement, en effet, a-t-on vu depuis quelques années une rencontre à ce niveau consacrée à l'intégration et organisée dans le cadre de la coopération Sud-Sud, par des pays'disons des organismes de la rive sud. C'est un événement qui puise sa force, outre la participation remarquable de personnalités représentant les quatre coins du monde, d'une conviction majeure : le développement ou le co-développement peut être l'affaire des Africains eux-mêmes. Une telle réflexion, quand bien même elle ne serait nouvelle, constitue pourtant une sorte d'impératif inédit. Le Maroc l'inscrit dans ses priorités depuis plusieurs années, comme en témoignent les multiples visites officielles ou de travail - plus de dix - que Sa Majesté Mohammed VI a effectuées dans divers pays d'Afrique. Au-delà du pari diplomatique que de telles visites impliquent, il y a lieu de souligner la volonté du Maroc d'apporter son soutien au développement des pays africains, de proposer sa longue et laborieuse expérience dans divers domaines. Relayant l'Etat, le secteur privé marocain n'est pas en reste. Et l'organisation de la première édition du Forum de Rabat, consacrée entièrement à la problématique de l'intégration africaine, illustre si besoin un engagement que le Maroc porte comme un symbole.Le secteur privé national, à travers des groupes institutionnels, reste très actif en Afrique. Il y a déjà longtemps qu'il s'est implanté dans divers pays, qu'il investit ici et là et accompagne les pays frères dans leur développement et leur croissance. C'est si vrai que les relations entre le Maroc et l'Afrique ne sacrifient pas seulement à une réalité historique, elles baignent de toute évidence dans la mémoire des millions d'hommes et de femmes de ce continent qui a constitué de tout temps le « berceau de l'humanité » (Jacques Chirac). Avec le Forum de Rabat, le partenariat Maroc-Afrique prend valeur de symbole, mais surtout une dimension inédite de partage et d'échange. Il sera donné à la coopération interafricaine son sens profond, qui ne sacrifie pas en principe à la logomachie verbale, mais qui hisse l'exigence de la bonne gouvernance au niveau mérité L'engagement du Conseil de développement et de solidarité (CDS) à réussir le pari de cette première rencontre n'a d'égale que la volonté de ses organisateurs et de ses membres d'ouvrir un espace de réflexion et de propositions nouvelles, en somme de nouvelles pistes pour ne pas dire une nouvelle formulation du co-développement. L'aréopage de personnalités invitées, l'intérêt soutenu du public nombreux comme de la presse internationale, les thématiques choisies, interpellent notre regard mais aussi notre souci de voir, à travers ce Davos africain, la dimension de l'enjeu interafricain: celui notamment de la solidarité qu'il faut réinventer, de la conscience aiguë qu'il n'est de développement et de croissance aujourd'hui que partagée.

Source: LE Matin

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