Encore des efforts à consentir
Le Maroc occupe la 75e place au niveau mondial : une maigre performance, vu les perspectives du secteur.
Le Maroc occupe la 75e place au niveau mondial : une maigre performance, vu les perspectives du secteur. Mauvaise nouvelle pour le Maroc. Le Royaume a été classé 75e dans le classement Doing Business 2012 au lieu de 76e en 2011 en matière d'octroi des permis de construire. Une piètre évolution pour un pays qui place la politique de l'habitat au c'ur de ses priorités et qui s'est engagé à réduire les délais, surtout pour le logement social. Selon la FNPI, «il s'agit d'une maigre performance qui justifie les doléances dans ce domaine». A rappeler que ce classement est très important, vu que les investisseurs étrangers s'y réfèrent lors de leur opération de prospection des marchés étrangers.Les promoteurs immobiliers, depuis des années, ne cessent de soulever ce problème qui persiste encore. A noter que la moyenne nationale de délivrance des autorisations de construction est de l'ordre de 8 mois. Pis encore, il y a des régions où ce délai est largement dépassé, atteignant même 1 an et plus, en l'occurrence le Grand Casablanca et Marrakech, entre autres. A qui la faute ' Les promoteurs immobiliers pointent du doigt la multitude des intervenants qui ne statuent pas dans le cadre d'une commission mixte. «Chaque promoteur immobilier doit faire le tour de 13 intervenants, ce qui rend les choses difficiles», affirme un professionnel. Et d'ajouter : «Lorsqu'une autorisation de construction est délivrée, c'est une fête pour nous, car il faut se réveiller tôt pour avoir ce document».Ce parcours de combattant, qui décourage les étrangers surtout, est très décrié par tous les promoteurs immobiliers. D'ailleurs, les mêmes préoccupations sont partagées par les professionnels des différentes régions du Royaume. C'est ce qui est ressorti d'une réunion l'année dernière. Aussi pour essayer de régler cette problématique, les promoteurs ont tenu des réunions marathoniennes aux niveaux central et régional avec les parties concernées qui n'ont abouti à rien. «Nous avons même demandé, pour contourner ce problème, à définir un délai maximal à ne pas dépasser, quitte à ce que ce soit un an, mais en vain», affirme Mohamed Adel Bouhaja, président de l'Association des promoteurs immobiliers de Marrakech. A ce titre, il exhorte le nouveau gouvernement et le nouveau ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Politique de la ville à revoir les procédures d'octroi des permis de construction qui sont dépassées. Les promoteurs proposent de réduire le nombre d'intervenants à trois au lieu de treize : Commune ou municipalité, Wilaya ou Préfecture ainsi que les agences urbaines. Ces derniers pourront statuer sur l'octroi de l'autorisation de bâtir et ensuite c'est aux architectes, dans le cadre d'un cahier des charges, de gérer les autres intervenants (régies d'eau, d'électricité et d'assainissement, protection civile, société de télécoms). Le but étant de réduire le nombre d'intervenants et le temps de traitement des dossiers pour ne pas décourager les investisseurs, qu'ils soient nationaux ou étrangers. Rappelons que les investissements directs étrangers à l'immobilier (IDEI) ont atteint 7,4 MMDH en 2010, soit une augmentation de 33,3% par rapport à 2009. Durant le premier trimestre 2011, les IDEI ont atteint 2,03 MMDH contre 1,83 MMDH durant la même période en 2010, soit une augmentation de 10,9%. En tout cas, pour améliorer son attractivité, le Maroc est dans l'obligation de rapporter certains ajustements afin de faciliter l'investissement dans le secteur de l'habitat, notamment en matière d'octroi des autorisations de construire. Et pour cause, l'enjeu est grand puisqu'il faudra réduire le déficit en logement et le ramener à 400.000 unités en 2020 au lieu de 810.000 actuellement.Le logement social n'est pas épargné
Le logement social n'est pas épargné par cette lenteur administrative et ce dysfonctionnement. Alors que le gouvernement sortant s'était engagé à traiter les autorisations de construction pour ce type de logement (250.000 DH HT) dans un délai ne dépassant même pas 4 semaines, cette décision est rarement respectée. «Il n'y a pas de dérogation dans ces dossiers. Il faudra attendre au moins entre 5 et 6 mois pour avoir une autorisation», souligne Adel Bouhaja. Et pour cause, ce sont les mêmes intervenants qui statuent sur ces dossiers ainsi que sur les demandes d'autorisation relevant des autres segments (luxe, moyen standing). A rappeler qu'une cellule de recours a été créée au niveau du ministère de l'Habitat pour statuer sur les projets bloqués. Celle-ci a, d'ailleurs, géré peu de dossiers. Dans le cadre des discussions, il a également été question de créer des commissions régionales, mais ces unités n'ont pas encore vu le jour.Source: LE Matin



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