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Le marché de la dette privée revisité

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Les acteurs du marché financier se mobilisent pour améliorer l'environnement institutionnel et réglementaire de la dette privée au

Les acteurs du marché financier se mobilisent pour améliorer l'environnement institutionnel et réglementaire de la dette privée au Maroc. Des faits et des chiffres révélés pour la première fois. C'était vendredi dernier à Casablanca lors de l'édition inaugurale des «Intégrales de la finance». Initié par CDG Capital, en partenariat avec l'Institut CDG, le concept est ouvert à tous les acteurs du marché des capitaux et cherche à approfondir le débat sur des thématiques financières d'actualité. À l'image de celle choisie pour le lancement de ce premier cycle de conférences : «Marché de la dette privée : quelle alternative au financement bancaire '»«La désintermédiation bancaire est un besoin et non un luxe», souligne Anas Alami, directeur général de la CDG. Tout porte à croire que le Maroc est en pleine phase de migration d'une économie d'endettement à une économie de marché financier. Car à lui seul, le secteur bancaire ne peut plus financer la croissance future des investissements à la fois publics et privés. L'intégralité des dépôts bancaires sont d'ores et déjà transformés en crédits. Le coefficient d'emploi crédits/dépôts a atteint 106% au terme de l'année 2010, ce qui signifie que les crédits progressent plus vite que les dépôts. Une situation d'assèchement de liquidités qui pousse les banques à venir se ressourcer sur le marché de la dette privée par le biais d'émissions de «certificats de dépôts». Depuis 1997, des 214 milliards de DH levés sur le marché obligataire, 118 milliards reviennent au secteur financier. Le reste est dominé par les entreprises publiques (ONCF, Autoroutes du Maroc, ONE, ONDA), suivies par les opérateurs de BTP (Addoha, Alliances, etc.).Du côté de la demande, «les titres restent très prisés par les investisseurs institutionnels. Exemple : les actifs détenus par les caisses de retraite se composent principalement d'obligations (80%), le reste, soit 20%, prend la forme d'actions cotées à la Bourse de Casablanca», note Abdessamad Issami, DG adjoint de CDG Capital.Même si le marché marocain de la dette privée affiche les niveaux de croissance les plus élevés dans la région MENA, le financement de l'économie reste dominé par le crédit bancaire. Cette situation est appelée à changer, ne serait-ce que dans la perspective des futures règles prudentielles internationales. «Si les normes Bâle 2 n'ont pas eu d'impact visible sur l'octroi des crédits, celles de Bâle 3 seraient plus contraignantes, particulièrement pour les PME», estime Abderrahim Bouazza, directeur de la supervision bancaire à Bank Al-Maghrib. Il ajoute que «le marché de la dette privée se développe avec des primes de risque compétitives, mais reste limité à quelques gros émetteurs. La PME est absente sur le marché obligataire». Conscient du potentiel de développement de ce marché, le CDVM propose quelques pistes d'actions pour booster la machine. D'abord en revisitant certaines législations, particulièrement la loi sur la SA. Son directeur général, Hassan Boulaknadal, pense qu'il ne faut pas limiter ces opérations aux seules sociétés anonymes (SA), pour pouvoir intégrer les collectivités locales (régionalisation avancée), les coopératives, les associations de micro-crédit, les SARL, etc. Puis, il va falloir assouplir la procédure légale de prise de décision, de manière à rendre possible l'autorisation d'émission obligataire par les organes de direction (conseil d'administration, conseil de surveillance), selon les cas, a-t-il précisé. Autrement dit, sans avoir à attendre l'approbation des actionnaires en assemblée générale ordinaire. D'un point de vue réglementaire, M. Boulaknadal propose d'aménager les frais de transaction des obligations cotées et d'abaisser la redevance du CDVM pour les émetteurs disposant d'une notation. Mieux encore, le gendarme du marché des capitaux n'exclut pas l'idée d'alléger les obligations de publication des perspectives (business plan) au niveau de la note d'information accompagnant les émissions obligataires. Les textes relatifs à la majorité de ces chantiers ont d'ores et déjà intégré le circuit législatif.

Le besoin d'une culture de désintermédiation

Aux yeux de Hamid Tawfiki, le DG de CDG Capital, parmi les freins au développement du marché de la dette privée au Maroc, il y a la faible profondeur du marché, l'absence d'un benchmark sectoriel, un déficit d'information fiable, régulière et structurée. Il cite également le manque de liquidités du marché. Les investisseurs, fait-il remarquer, tendent à conserver jusqu'à échéance les titres souscrits, limitant ainsi le développement du marché secondaire. Le besoin se fait aussi sentir d'avoir un marché performant de la dette publique, dans la mesure où celui-ci fournit un benchmark pour la courbe des taux. Enfin, conclut M. Tawfiki, il est important d'instaurer une culture de désintermédiation. D'un côté, une culture «corporate finance» chez les émetteurs et, de l'autre, une culture «risque crédit» chez les investisseurs.

Source: LE Matin

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